Après un premier épisode consacré au lien entre digestion et sommeil, notre podcast dédié au sommeil et au bien-être naturel se poursuit. Fidèles à notre envie de donner la parole à celles et ceux qui étudient nos nuits au quotidien, nous continuons ces conversations pour mieux comprendre le sommeil et prendre soin de notre repos.
Pour ce deuxième épisode, nous recevons Clémence Lejoly, psychologue spécialisée dans le sommeil. Son approche est aussi rassurante que concrète : bien dormir n'est pas une compétence que l'on perd, et il est possible de retrouver un sommeil serein, naturellement. Voici un aperçu de ce que vous y découvrirez, à travers quelques-unes des questions abordées.
Le sommeil est-il d'abord physiologique ou mental ?
C'est peut-être l'idée la plus marquante de la conversation, et elle vient d'une psychologue : le sommeil est avant tout physiologique. Clémence Lejoly aime rappeler que dormir nous ramène à notre part la plus animale, un mécanisme primitif que le corps sait activer de lui-même. Quand on comprend le fonctionnement du corps, on comprend mieux son sommeil, et inversement.
Le mental, lui, intervient souvent pour bloquer plutôt que pour aider. Ces personnes dont le cerveau « ne s'arrête jamais » dès qu'elles s'allongent sont fréquemment celles qui, dans la journée, ne s'accordent aucun moment de pause. Faute d'espace pour penser, le cerveau profite du calme de la nuit pour ressortir tout ce qui n'a pas été traité. D'où l'importance, souligne-t-elle, de s'accorder des micro-pauses en journée, de respirer et de se reconnecter à ses sensations, pour aider le mental à se calmer une fois la nuit venue.
Faut-il vraiment dormir huit heures ?
Non, et c'est l'une des croyances les plus tenaces que Clémence Lejoly déconstruit. Les huit heures ne sont qu'une moyenne dans la population générale : certaines personnes ont besoin de sept heures, d'autres de neuf. Vouloir à tout prix atteindre un chiffre fixe crée souvent l'effet inverse, car au plus on cherche à dormir, au moins on y parvient.
Pour connaître son propre besoin, elle propose une logique simple. La première condition est déjà de bien dormir, c'est-à-dire de s'endormir en moins de trente minutes et d'avoir un sommeil continu. Si, malgré cela, la fatigue persiste en journée, on peut alors élargir progressivement son temps de sommeil, par tranches de quelques minutes. Elle rappelle aussi que ce besoin varie selon les saisons, avec souvent moins de sommeil nécessaire en été qu'en hiver.
Autre repère précieux évoqué dans l'épisode : mieux vaut une heure de lever régulière qu'une heure de coucher rigide. C'est le fait de se lever à heure fixe qui aide le corps à anticiper le sommeil du soir, tout en laissant la place à une vie sociale sans culpabilité.
Peut-on désapprendre à mal dormir ?
C'est une formulation qui revient dans l'épisode et qui change tout : on n'apprend pas à bien dormir, on désapprend à mal dormir. Bien dormir est une capacité que nous avons tous à la base. Ce sont des croyances et des comportements inadaptés, accumulés au fil du temps, qui viennent enrayer ce mécanisme naturel.
Clémence Lejoly explique qu'un mauvais sommeil devient un sujet de fond lorsqu'il s'installe au-delà de trois mois : la période stressante initiale est souvent passée, mais des mécanismes se sont mis en place et entretiennent le problème. Pour en sortir, elle privilégie une approche cognitive et comportementale, qui s'attache moins au « pourquoi » qu'au « comment faire autrement ». Ce sont les comportements, changés un à un, qui finissent par faire évoluer les croyances.
Et c'est là que réside, selon elle, la vraie différence entre ceux qui retrouvent durablement le sommeil et ceux qui rechutent : la compréhension. Comprendre comment fonctionne son sommeil, c'est acquérir une compétence pour la vie, qui permet de rebondir même après une période difficile.
Quelle place pour l'environnement de sommeil ?
Pour Clémence Lejoly, l'environnement de sommeil est la base de la base. Au-delà du téléphone, qui n'a selon elle rien à faire dans le lit, elle décrit une chambre idéale : calme, sombre, dédiée au sommeil, et surtout confortable et cocoon. Un endroit dans lequel on se sent suffisamment bien pour s'abandonner, car dormir suppose un lâcher-prise et une confiance totale.
Elle insiste sur cette idée forte : il faut pouvoir faire confiance à son lit. Si le lit devient une source de tension, le sommeil ne peut pas venir. C'est exactement la conviction qui nous anime chez Kipli : faire du lit un espace sain, naturel et rassurant, où le corps se sent en sécurité pour lâcher prise. Un couchage confortable et des matières respirantes participent pleinement à cet apaisement.
Écouter l'épisode
Ces quelques questions ne sont qu'un aperçu. Dans l'épisode complet, Clémence Lejoly aborde bien d'autres sujets : les différents stades de sommeil et leur rôle dans la récupération, le lien entre sommeil et santé mentale, la pression de sommeil et la sieste, le rôle du cortisol, ou encore un passage en revue des grandes croyances sur le sommeil, en mode vrai ou faux.
Une conversation riche et rassurante, à écouter tranquillement, pour mieux comprendre son sommeil et renouer avec des nuits sereines.
Kipli, naturellement.

