On pense souvent au sommeil comme à une histoire de fatigue. En réalité, c’est aussi une histoire de signaux. Et le signal le plus puissant, celui qui dit au corps “il fait jour” ou “il fait nuit”, c’est la lumière. Quand elle est trop intense le soir, ou trop absente le matin, l’horloge interne se décale. On peut alors s’endormir plus tard, se réveiller plus facilement, ou avoir la sensation de ne pas récupérer complètement. lumière sommeil - rythme circadien - mélatonine - écrans et sommeil
Comprendre le lien lumière–sommeil
Le sommeil est piloté par deux dynamiques qui se croisent. D’un côté, la “pression de sommeil” : plus on reste éveillé, plus le besoin de dormir augmente. De l’autre, le rythme circadien : une horloge biologique qui organise l’alternance jour/nuit dans l’organisme. Cette horloge ne vit pas dans l’abstrait. Elle se règle en permanence grâce à l’environnement, et la lumière est son repère principal.
C’est pour cela que la même heure n’a pas la même “saveur” selon la saison, l’exposition à la lumière du jour, ou le type d’éclairage à la maison. Quand la lumière du soir ressemble à un plein jour prolongé, l’organisme peut retarder certains signaux de nuit, dont la sécrétion de mélatonine (souvent décrite comme l’un des signaux qui accompagnent l’endormissement). À l’inverse, si les journées sont trop sombres, le matin peut manquer de “départ” et le rythme devient moins net.
Le matin : remettre l’horloge à l’heure
Le matin, la lumière a un rôle très concret : elle indique à l’organisme que la journée commence. Beaucoup de personnes le sentent intuitivement : quand on s’expose à une lumière franche en début de journée, on a souvent un éveil plus “clair”, et une meilleure stabilité d’énergie dans la matinée. À l’inverse, un matin très sombre, passé uniquement sous un éclairage intérieur, peut donner une impression de journée qui démarre au ralenti.
L’ajustement le plus simple n’a rien de compliqué : ouvrir les volets tôt, s’approcher d’une fenêtre, sortir quelques minutes si c’est possible. Même sans faire du sport, le fait de se mettre au contact de la lumière naturelle aide à ancrer le rythme. Et si vous vivez une période de transition (changement de saison, horaires qui bougent), cette régularité devient encore plus utile. Sur ce sujet, vous pouvez aussi lire notre article sur l’effet du changement de saison sur le sommeil.
Le soir : ralentir la lumière pour laisser venir la nuit
Le soir, le besoin est presque inverse : permettre au corps de comprendre que la journée se termine. Là encore, ce n’est pas une question de bien faire, mais de cohérence. Un éclairage doux et plus bas, surtout dans les deux ou trois heures qui précèdent le coucher, aide à créer un environnement plus livible. On évite une sensation d’hyper-éveil et on favorise une transition plus calme.
Deux éléments comptent souvent plus qu’on ne le pense : l’intensité (trop de lumière trop tard) et la nature du spectre (les lumières très froides et très blanches ont tendance à être plus stimulantes). Une lumière plus chaude, plus basse, plus localisée, n’empêche pas de vivre la soirée. Elle change simplement l’ambiance et le message envoyé au cerveau.
Les études sur l’exposition à la lumière le soir montrent justement qu’une lumière “trop présente” peut retarder certains repères de nuit. Ce n’est pas une condamnation des lampes ou des écrans : c’est une invitation à retrouver une progression plus naturelle, comme un crépuscule domestique. Chez Kipli, on aime cette idée : retirer du bruit pour laisser la nuit faire son travail.
Écrans : ce qui compte vraiment
Sur les écrans, il y a souvent un malentendu : on parle de lumière bleue comme si tout se jouait là. En réalité, ce qui perturbe le sommeil est souvent un mélange de facteurs : une lumière proche des yeux, une intensité élevée, et surtout un contenu qui maintient le cerveau en activité (messages, informations, vidéos, travail). La lumière n’est qu’un morceau du puzzle, mais un morceau important.
Si vous avez déjà une routine du soir, la lumière peut s’y glisser sans rigidité : baisser l’éclairage au même moment chaque soir, déplacer la source lumineuse (une lampe plus basse plutôt qu’un plafonnier), et garder le lit comme un espace de repos. C’est souvent cette répétition tranquille qui change le plus.
Dans la chambre : obscurité, chaleur, petits détails
La chambre est un lieu où l’on cherche surtout une chose : un environnement stable. Une obscurité suffisante aide à limiter les micro-signaux qui entretiennent l’éveil. Les petits voyants (chargeurs, box, réveils très lumineux) paraissent anodins, mais ils peuvent devenir des repères permanents, surtoût chez les dormeurs sensibles. Là encore, il ne s’agit pas de tout contrôler, mais de supprimer ce qui est clairement inutile.
Et quand on garde une lumière le soir, le plus utile est souvent de la rendre plus “calme” : éviter un plafonnier très blanc, privilégier une source plus basse, plus chaude, plus diffuse. Une suspension en lin va naturellement dans ce sens : elle filtre, adoucit, et crée une ambiance moins stimulante dans les minutes qui précèdent le coucher.
Il y a aussi la question de la chaleur. Un sommeil trop chaud est souvent un sommeil plus léger. Une chambre légèrement fraîche, avec une lumière faible, crée un cadre plus “nuit”. Et quand le soutien du corps est stable (matelas, oreiller), on bouge moins pour compenser. Si vous voulez aller plus loin sur la cohérence du couchage, notre matelas en latex 100% naturel a été pensé dans cette logique : respirabilité, stabilité, composition lisible. Rien de plus, simplement ce qui aide.
Repères scientifiques
Pour comprendre plus en détail le rôle de la mélatonine et de l’horloge biologique, les contenus de l’ Inserm sont un bon point de départ. Sur l’exposition à une lumière artificielle le soir, vous pouvez aussi consulter des travaux expérimentaux comme Chang et al. (2015) sur l’usage d’eReaders avant le coucher, ou Gooley et al. (2011) sur l’effet de la lumière le soir. Et pour des repères grand public sur l’hygiène du sommeil (dont l’importance d’un environnement sombre et calme), le CDC propose une synthèse accessible.
Kipli, simplement.

